Dans l’histoire de l’Église de Goma, Mgr Faustin Ngabu demeure une figure emblématique de compassion et de proximité avec les plus vulnérables. Pasteur attentif, homme de prière et guide spirituel, il avait toujours placé les malades au centre de son ministère épiscopal, voyant en eux le visage du Christ souffrant.
C’est pourquoi, dès les années 1990, lors de la Création du Groupe d’accompagnement des Malades par Monsieur l’Abbé Innocent NYIRINDEKWE entouré de quelques médecins Laïcs, Mgr Faustin NGABU, durant son épiscopat au Diocèse de Goma, a accompagné cette initiative, convaincu qu’accompagner les malades, c’est participer à la mission du Christ, médecin des corps et des âmes.
Un regard de foi sur la souffrance
A travers ses prédications, Mgr Ngabu rappelait que la maladie ne doit pas être considérée uniquement comme une épreuve à subir, mais comme un moment de rencontre avec Dieu. Il rappelait souvent que le malade vit une expérience pascale : participation à la croix du Christ, mais aussi espérance de résurrection.
Cette vision évangélique invitait toute la communauté chrétienne du Diocèse de Goma à ne pas fuir la souffrance, mais à y porter la lumière de la foi.
La pastorale des malades : un engagement communautaire
Sous son impulsion, le Groupe d’Accompagnement des malades, GRAM, a développé des fraternités paroissiales de visite aux malades. Ces équipes, composées de laïcs formés, ont pour mission d’apporter aux malades la présence du Christ à travers la prière, l’écoute, le sacrement des malades, la communion eucharistique et encore mieux un réconfort dont ils ont besoin pour se sentir aimés.
« Le malade n’a pas besoin d’un discours, mais d’une présence fraternelle. Que chaque chrétien devienne signe de la tendresse de Dieu pour ceux qui souffrent. »
La dimension humaine et sociale de l’accompagnement des malades
Dans un contexte marqué par la pauvreté, la guerre et l’insécurité, Mgr Ngabu a compris que la santé dépasse la dimension médicale. Il plaidait pour une pastorale intégrale, qui tienne compte du corps, de l’esprit et des conditions de vie.
Il soutenait les initiatives d’encadrement social du GRAM, rappelant que la charité chrétienne est inséparable du service concret. Le malade est le miroir du Christ souffrant.
« J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25,36).
Cette parole de Jésus, Mgr Ngabu l’a vécue avec simplicité et conviction. Ses visites aux hôpitaux, ses messes célébrées pour les malades et ses gestes de compassion ont marqué les cœurs. Il voyait dans chaque souffrant une présence sacrée, un appel à aimer davantage.
Fidèle à l’élan inspiré par Mgr Faustin Ngabu, le GRAM poursuit aujourd’hui cette mission de miséricorde : plus de 4 000 malades indigents et autres nécessiteux bénéficient chaque année d’un accompagnement spirituel et humain, plus de 200 orphelins sont soutenus dans leur scolarisation, et près de 600 accompagnateurs s’engagent avec foi et dévouement au service des malades dans les paroisses du diocèse.
Héritage spirituel et appel à continuer la mission
Aujourd’hui encore, le témoignage de Mgr Faustin Ngabu reste une source d’inspiration pour tous les accompagnateurs des malades. Jusqu’à sa naissance au Ciel, il a expérimenté l’épreuve de la maladie et l’a vécu dans la foi. Il a continué de nous inviter à redécouvrir le sens chrétien de la compassion, à nous faire proches de ceux qui souffrent, et à témoigner que la vie garde toujours sa valeur, même dans la fragilité.
Tout en nous joignant à la douleur de Mgr l’Evêque du Diocèse de Goma, Son Excellence Willy NGUMBI qui vient de perdre son prédécesseur, celle du Clergé de Goma et de toute la communauté chrétienne, nous venons rappeler que l’accompagnement des malades est une œuvre de miséricorde qui rend visible le visage aimant de Dieu. Là où un malade est consolé, le Royaume de Dieu s’approche.
D’où la devise du GRAM, « Présence, Ecoute et Compassion. »
Puissions-nous, à la suite de Mgr Faustin NGABU, et en Hommage à sa mémoire, continuer à bâtir une Église qui guérit, qui console et qui relève.



